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Anonyme
Genre Humain (Mankind)  (c. 1465-1470)
Introduction, traduction et notes de Jean-Paul Débax
Publié le 02/12/2012
Scène européenne, "Traduction introuvables"

Bien que composée dans le même cadre théologique que Everyman  (destinée de l’âme humaine en butte aux tentations et guettée par le péché), la pièce anglaise de Genre Humain (Mankind) a fait un choix dramatique tout à fait à l’opposé, en décidant de mettre en scène la transgression, en ridiculisant la voix divine qui rappelle les exigences de la vie vertueuse et en appelant le spectateur à sympathiser (même temporairement) avec les vauriens qui rejettent le message chrétien. 

Avec un Père-la-Vertu dépassé par la verve des sacripants tentateurs, un Genre Humain qui, après sa chute dans le péché, termine son séjour mondain de façon fort orthodoxe, c’est par l’humour que la pièce sauvegarde un fragile équilibre entre la rébellion et l’obéissance, entre le bien et le mal. Les ressorts du comique ne peuvent être choquants tant ils sont populaires, empruntés qu’ils sont à la farce médiévale et aux pièces folkloriques des Mummers. Les tableaux farcesques quelques peu indépendants en raison de la faiblesse de l’intrigue, sont néanmoins structurés grâce à l’emploi de motifs communs, ainsi que de procédés dramaturgiques formels issus de la tradition. 

L’emploi si libre et souvent si irrévérencieux des thèmes et des règles de l’orthodoxie chrétienne témoigne paradoxalement de leur emprise incontestée sur les consciences des spectateurs du XVe siècle.

Sommaire

- Jean-Paul Débax & André Lascombes
Avant-Propos (Mankind & Everyman)

- Introduction
- Traduction